La déflation a gagné une bataille, mais pas la guerre

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Par Eric Chaney, Chef économiste d’Axa

Les inquiétudes sur la reprise exprimées par la Réserve Fédérale ainsi que des indicateurs conjoncturels décevants ont apporté de l’eau au moulin des pessimistes et propulsé les prix des obligations souveraines à de nouveaux sommets. Dans le duel inflation-déflation, cette dernière semble avoir gagné une bataille importante. Nous en doutons. D’une part, le marché obligataire américain s’inquiète plus d’une baisse de la croissance tendancielle que d’un risque de déflation.

D’autre part, même s’il est clair que la reprise mondiale entre dans une phase de ralentissement délicate, le risque de déflation semble surestimé pour deux raisons : dans un monde qui n’est plus centré sur les Etats-Unis, un nombre grandissant d’économies sont en surchauffe. De plus, les développements cycliques récents sont plus inflationnistes que déflationnistes.

Eté en pente douce

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par Jean-Luc Proutat, économiste chez BNP Paribas

L’Europe s’anime, les Etats-Unis s’assagissent. Les enquêtes estivales auprès des directeurs d’achats indiquent bien une forme de rapprochement des conjonctures de part et d’autre de l’Atlantique. Avec une croissance ramenée à 2,4% au deuxième trimestre (chiffre annualisé), l’activité américaine baisse de rythme. Le niveau des stocks se normalise, après une phase de reconstitution soutenue, et les importations, en forte hausse, concurrencent davantage la production nationale depuis que le dollar s’est renchéri (+17% contre euro au premier semestre).

Sans la contribution négative du commerce extérieur, la croissance américaine aurait été proche de 5% en rythme annuel au deuxième trimestre.