Politiques

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Faut-il encore faire l’Europe politique ?

par Olivier Ferrand, président de Terra Nova

L’Europe politique est encore possible. Certes, la fenêtre d’opportunités, largement ouverte dans les années 1990, s’est refermée, après l’échec des négociations institutionnelles. Traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), Constitution européenne (2004), traité de Lisbonne (2007) : négociations après négociations, l’Europe politique a été repoussée. Les moteurs historiques de la construction européenne, les gouvernements et la Commission européenne, se sont enrayés. Un nouveau « bras armé » doit émerger pour l’Europe politique : le Parlement européen. C’est là que la nouvelle génération européenne doit s’investir. Et c’est pour cette raison que les élections européennes de juin revêtent une grande importance.

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Zone euro : une profonde récession

par Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas

La récession s'est aggravée dans la zone euro au T1 09, avec une chute du PIB de 2,5% t/t, la plus forte contraction enregistrée à ce jour. Les données d’enquête disponibles pour le second trimestre laissent entrevoir un début d'amélioration. Cependant, la reprise sera longue à venir.

L'inflation devrait continuer de ralentir, et même devenir négative cet été, principalement à cause d'effets de base liés aux prix énergétiques.

Pour atténuer la sévérité de la récession, le Conseil des gouverneurs de la BCE a baissé à nouveau le taux refi de 25 pb pour le ramener à 1%, un nouveau plus bas historique. La Banque n'a pas exclu une poursuite de la baisse des taux.

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France : nouvelle chute du PIB au 1er trimestre 2009

par Olivier Bizimana, économiste au Crédit Agricole

La première estimation du PIB en France montre que l’activité s’est encore fortement contractée au 1er trimestre 2009 (-1,2 % t/t). La demande intérieure (hors stock) s’est effondrée, essentiellement du fait du repli de l’investissement des entreprises et des ménages. La consommation privée a stagné. Les exportations se sont également repliées. Le recul de l’activité a été amplifié par les variations de stock, avec une contribution négative de 0,8 point de pourcentage.

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La BCE, pas à pas

par Eric Vergnaud, économiste chez BNP Paribas

L’atténuation des tensions sur les marchés financiers se poursuit et le retour de l’appétit pour le risque des investisseurs se confirme. Ceux-ci sont encouragés par la détermination montrée par les gouvernements et les Banques centrales pour amortir la récession et éviter la déflation. Nul doute que le résultat des stress tests menés sur les plus grandes banques américaines va contribuer à renforcer la confiance des investisseurs.

Nous continuons d’estimer que si une reprise durable (i.e. au-delà de l’effet temporaire d’une reconstitution des stocks) ne peut être envisagée avant le début de l’année prochaine, la dégradation de l’activité va être de moins en moins marquée d’ici à la fin de l’année.

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Chrysler sous le « chapter 11 » : imposer et accélérer sa restructuration

par Gilles Frécaut, économiste au Crédit Agricole

Chrysler a annoncé sa décision de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites pour contraindre ses créanciers seniors d’accepter son plan de restructuration. 
• Ce plan de restructuration de Chrysler est bâti sur un triple soutien : technologique de la part de Fiat, financier avec l’aide des gouvernements américain et canadien et social, sous forme de concessions de la part des salariés. 
• Tout n’est pas réglé pour autant. La mise en chapitre 11 est une opération complexe qui comporte certains risques d’ordre commercial ou industriel.

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Du Credit Easing à la mode BCE

par Isabelle Job, économiste au Crédit Agricole

• Le cycle de baisse des taux est selon toute vraisemblance arrivé à son terme, le taux Refi atteignant un plancher historique de 1 %.
• La BCE est désormais passée en mode non-conventionnel. Les banques restent au cœur de ce nouveau dispositif que ce soit avec l’approvisionnement de liquidité à terme ou le rachat de covered bonds.

 La BCE n’a pas créé la surprise sur le front de la politique monétaire traditionnelle. Comme attendu, elle a abaissé le taux Refi de 25 centimes tout en maintenant le taux de dépôt à 0,25 % (avec un rétrécissement du corridor à +/- 75 pdb) et ce afin d’éviter l’écueil d’une politique de taux zéro. Le taux directeur atteint désormais 1 %, un nouveau plancher historique. Au cours de la conférence de presse, M. Trichet n’a pas fermé la porte à un nouvel assouplissement monétaire.

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Petite sociologie des membres votants de la BCE

par Cedric Thellier, économiste chez Natixis

Aujourd’hui, deux questions se posent à la politique monétaire en zone euro :
1/ le plancher pour le principal taux de refinancement est-il à 1% ?
2/ quelles mesures non conventionnelles additionnelles seront annoncées le 7 mai et mises en place par la BCE ?

Pour y répondre, nous proposons de faire le tour des positions déclarées des membres du Conseil : en l’absence de matérialisation du risque déflationniste, le taux refi sera porté à 1%, très probablement lors de la prochaine réunion, pas en-dessous. A cet égard, nombre de gouverneurs soulignent la non pertinence d’une ZIRP en zone euro et les risques associés, notamment en vue d’une normalisation de la politique monétaire lorsque la situation macroéconomique s’améliorera.

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Pour une régulation macro-prudentielle

Par Laurence Scialom, professeure d’économie à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

La communauté internationale et l’Europe s’engagent dans la régulation des marchés financiers, afin de prévenir pour l’avenir toute nouvelle crise systémique. Cet engagement se caractérise à ce stade par sa modestie et, surtout, par son caractère décalé. On s’attaque aux hedge funds, aux paradis fiscaux – les institutions et territoires dérégulés de la finance. Mais on oublie que la crise financière est passée pour l’essentiel par le canal des banques traditionnelles.

L’enjeu central qu’a révélé la crise, ce n’est pas l’absence de régulation dans les « trous noirs » de la finance (qu’il faut traiter aussi, bien sur) mais surtout l’inadaptation de la régulation du système bancaire traditionnel.

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Le Japon : crise industrielle et retour à la déflation

par Philippe d’Arvisenet, directeur des études économiques de BNP Paribas

Après sa fameuse décennie perdue, le Japon a renoué avec la croissance. Celle-ci a atteint 2,1% en moyenne annuelle entre 2003 et 2007. Les entreprises, après un long processus de désendettement, ont dégagé des profits en forte hausse en dépit de la persistance de pressions déflationnistes qui pesaient sur leur pricing power. La maîtrise des coûts salariaux et la faiblesse du yen en ont été les facteurs essentiels. En 2006, le Japon est finalement sorti de la déflation, en partie sous l’effet de la remontée des cours de l’énergie. Tout ceci n’est plus qu’un souvenir.

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États-Unis : de l’importance des déséquilibres à résorber

par Hélène Baudchon, économiste au Crédit Agricole

• L’indicateur composite avancé a reculé de 0,3 % sur le mois de mars.
• Les nouvelles commandes de biens durables ont baissé de 0,8 % sur le mois de mars (soit de 25,2 % sur un an).
• Les ventes de logements dans l’ancien et le neuf ont rechuté respectivement, de 3 et 0,6 % sur le mois de mars.

L’évolution récente de l’indicateur composite avancé du Conference Board signale une « contraction moins sévère de l’activité dans les prochains mois ». L’augmentation de l’offre de monnaie et la pentification de la courbe des taux sont des signes avant-coureurs de reprise, de même que le redressement significatif de la confiance des ménages et le rebond du S&P 500 (s’ils se prolongent…).

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