Politiques

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G20 : quatre mois de réflexion…

par Isabelle Job, économiste au Crédit Agricole

- Sur le front des priorités économiques immédiates, le G20 s’est contenté de déclarations d’intention, se bornant à mettre en avant des initiatives, qui existent  déjà ou qui auraient vu le jour, même en l’absence de toute concertation. 
- Sur le front de la réforme de l’architecture financière globale, la déclaration finale se limite à de grands principaux généraux, reprenant tout ou partie des axes de réflexion avancés par le camp européen.

Le G20 s’est réuni le week-end dernier à l’occasion d’un sommet exceptionnel que certains aiment à qualifier de nouveau Bretton Woods. L’impératif était double : il s’agissait de s’entendre pour essayer de combattre l’une des plus graves crises économiques et financières de l’histoire contemporaine tout en s’engageant à réformer le système monétaire mondial pour lui conférer à terme plus de stabilité.

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Immobilier résidentiel en France : dégonflement plutôt qu’éclatement

par Laurent Quignon, économiste chez BNP Paribas

Les prix des logements anciens ont crû de +155% dans l’ensemble du pays au cours des dix dernières années et de +191% à Paris. En termes réels, les progressions s’établissent à respectivement 112% et 143% depuis 1998.

Les prix ont commencé à diminuer depuis la fin de l’été en province et en banlieue parisienne. La capitale enregistre actuellement une importante baisse des transactions et ne devrait pas faire longtemps exception. 

Volumes de ventes et prix des logements devraient refluer de concert en 2009, tant en Ile-de-France qu’en province. Une baisse des prix réels comprise entre 30% et 40% nous paraît probable, à l’issue d’un ajustement qui s’étalerait sur plusieurs années.

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Récession technique en zone euro

par Jean-Christophe Caffet et Cédric Thellier, économistes chez Natixis

Conformément aux attentes, la zone euro enregistre un second trimestre consécutif de croissance négative (-0,2% T/T entre juillet et septembre, performance identique à celle affichée au deuxième trimestre) et entre donc en récession technique. En glissement annuel, l’activité ralentit nettement, passant de 1,4% au T2 à seulement 0,7% au T3.

Si le détail des composantes n’est pas encore disponible, la contraction de la demande est néanmoins probablement imputable à l’investissement, résidentiel et productif, et au commerce extérieur. La consommation devrait quant à elle avoir légèrement rebondi après le recul de 0,2 point enregistré au trimestre précédent.

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Les incertitudes se multiplient

par Philippe Waechter, Directeur de la Recherche Economique de Natixis Asset Management

L'intervention massive des Etats, les politiques monétaires très accommodantes, les marchés financiers fébriles, une économie à l'arrêt ou encore le retour de situations de crise dans les pays émergents : autant d’éléments qui suscitent des interrogations sur les raisons et les enjeux de cette "invasion de l'économique" dans notre quotidien. 

Pour clarifier le débat et en comprendre les ressorts, il faut rappeler deux constats historiquement proches et aborder la situation actuelle sous trois angles distincts.

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Royaume-Uni : dégradation du marché du travail

par Raymond van der Putten, économiste chez BNP Paribas

Les conditions sur le marché du travail se sont nettement détériorées. Le taux de chomâge a atteint 5,7% entre juin et août.

Cette tendance devrait se poursuivre dans les prochains trimestres. Le taux de chômage pourrait atteindre 7,5% à la mi-2009.

Le rythme de croissance des rémunérations, primes incluses, est déjà en train de diminuer. La majorité des employeurs ont indiqué leur intention de proposer des augmentations de salaires inférieures à l’inflation en 2009. Selon nos estimations, les salaires hors primes pourraient ne progresser que de 1,8% en 2009, contre 3,6% en 2008.

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France : les paradoxes du crédit

par Olivier Bizimana et Olivier Eluère, économistes au Crédit Agricole 

La dynamique du crédit en France, et en Europe en général, suscite beaucoup d’intérêt depuis quelques mois. D’un côté, l’approfondissement de la crise financière, depuis le mois de septembre 2008 a aggravé les difficultés de refinancement des banques. De l’autre, la demande de crédit freine sérieusement, en phase avec le net ralentissement de l’activité économique.

Le renchérissement de la ressource financière et l’accroissement du coût du risque, induits par la crise financière, avaient eu pour l’instant assez peu d’effet sur les politiques d’offre de crédit des banques françaises. L’enquête de la Banque de France auprès des banques commerciales françaises, publiée le 7 novembre, montre que tel n’est plus le cas. Ces dernières ont en effet resserré leurs critères d’octroi au 3e trimestre, notamment pour les entreprises.

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Sarkozy taclé au sommet de l’Europe

par Gilles Bridier est journaliste (API.doc)

En désignant le Luxembourg comme un paradis fiscal et en soulignant que l’on ne peut s’accommoder au plan national de pratiques que l’on combat au niveau international, Nicolas Sarkozy a clairement braqué contre lui Jean-Claude Junker, le premier ministre luxembourgeois. Celui-ci préside également l’Eurogroupe qui réunit les ministres des finances des pays de la zone euro. Aussi, lorsque Paris a évoqué la possibilité de mettre sur pied un plan de relance européen pour lutter contre la récession, Jean-Claude Junker a t-il vite balayé cette proposition, renvoyant la présidence française dans ses buts en s’appuyant sur une décision de l’Eurogroupe de laisser les Etats mettre sur pied des mesures ciblées. Pas question de laisser la France se reposer sur l’Europe pour trouver les éléments d’une relance économique. Tant pis pour l’image de l’Union, encore une fois en ordre dispersé.

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Obama : la rupture avec les années Bush

par Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis

Après huit années de présidence républicaine, les démocrates remportent la victoire avec non seulement l’élection de Barack. Obama à la présidence mais également un renforcement des pouvoirs au Congrès : ils gagnent une vingtaine de sièges à la chambre des représentants et au moins cinq sièges au Sénat. Le nouveau président n’aura donc que peu de difficulté à faire passer ses mesures au Congrès (le bémol étant l’absence de majorité absolue de 60 sièges au Sénat). La politique préconisée par Barack Obama constitue une rupture avec celle menée par George W. Bush à bien des égards : sur les fronts fiscal, social, environnemental, commercial, diplomatique.

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Assouplissement monétaire : nouvelle vague

par Caroline Newhouse-Cohen, économiste chez BNP Paribas

Aux Etats-Unis, la décision de la Fed de baisser ses taux directeurs de 50 points de base lors de sa réunion du 29 octobre était largement anticipée. L’objectif des Fed Funds est ainsi dorénavant de 1%, un niveau atteint une seule fois précédemment, entre 2003 et 2004, alors que les craintes de déflation étaient à leur apogée. Il s’agit du deuxième assouplissement de 50pb depuis début octobre, après l’action coordonnée des Banques centrales, le 8. Le taux d’escompte a été abaissé à 1,25%. Les inquiétudes de la Fed, quant aux perspectives d’activité, étaient très clairement exprimées dans le Communiqué.

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Crise financière : ce sont les scientifiques qui vont payer

par Jean-François Geneste, conseiller scientifique d’un groupe industriel et représentant de la CFTC à la fédération européenne de la métallurgie

La crise était à peine amorcée que déjà les critiques pleuvaient sur les mathématiques financières qui, soi-disant, seraient les seules responsables du désastre après, quand même, la rapacité légendaire des acteurs financiers. Je ne défendrai pas ici ces derniers, car ils sont effectivement coupables de nombreux péchés, ceux d’avidité et de convoitise n’étant pas les moindres.

Néanmoins, attaquer les mathématiques gérant la finance et avec autant d’empressement pourrait, au premier abord, surprendre. Ceux qui avaient remarqué, voilà quelques années déjà, le mouvement d’humeur des élèves d’économie de l’Ecole Normale Supérieure, lesquels se plaignaient de la trop grande mathématisation de leur discipline seront déjà néanmoins avertis. 

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