2018 : croissance et normalisation monétaire

-A +A

par Emmanuel Auboyneau et Xavier d’Ornellas, Gérants associés chez Amplégest

2017 s’achève sur la confirmation de la bonne santé de l’économie mondiale. Toutes les zones sont concernées : les Etats-Unis, avec une réforme fiscale qui devrait renforcer encore et prolonger le cycle, une Asie tirée par la Chine, l’Inde et par un retour en forme du Japon et une Europe qui restera la meilleure surprise de l’année. Les moteurs de la croissance mondiale tournent à plein régime et donnent à 2018 des perspectives favorables.

La question qui divise les économistes est celle de l’inflation. Certains pensent qu’elle sera toujours absente cette année du fait de la présence toujours importante de forces déflationnistes (démographie, technologie…). D’autres, dont nous sommes, constatent au contraire que l’inflation a commencé sa remontée, ayant déjà dépassé le niveau de 2% aux Etats-Unis, alors que les salaires n’ont pas encore amorcé leur progression, selon nous inéluctable. En Europe, ce taux cible de 2% devrait être atteint en 2018. Ce débat est crucial et de sa réponse dépendra la politique des taux d’intérêt au cours des prochains mois.

Chez Amplegest nous avions tablé sur une croissance mondiale soutenue dès la fin 2016. Les faits nous ont donné raison. Nous restons confiants en ce début d’année. Nous faisons également le pari d’un retour progressif de l’inflation. Ces deux éléments seront les déterminants de notre politique de gestion pour 2018. Le changement de politique des banques centrales, ses conséquences sur les taux longs et sur les devises, sont au cœur de nos préoccupations.

La Federal Reserve poursuit sa normalisation monétaire (réduction du bilan, hausse des taux courts en décembre) et agira sur son taux directeur au moins trois fois en 2018. La BCE devrait accélérer son mouvement de réduction d’achats d’actifs. La croissance est à ce point solide et homogène aux yeux de la banque centrale que des voix de plus en plus insistantes en son sein demandent davantage de volontarisme et un arrêt de son quantitative easing d’ici à 9 mois. Le départ prochain de Mr Draghi pourrait d’ailleurs amener un successeur moins conciliant. En revanche nous ne prévoyons toujours pas de hausse des taux courts avant 2019.

La remontée de l’euro contre le dollar s’explique par ces évolutions attendues en Europe. En revanche, il nous semble qu’il y a encore pas mal de scepticisme sur les futures hausses de taux courts en Amérique. Si notre analyse est la bonne, le dollar pourrait désormais avoir atteint son niveau d’équilibre.

Nous avons été un peu déçus par la tenue des marchés européens au quatrième trimestre 2017. La hausse de l’euro explique pour une bonne part cette contre-performance, les indices étant largement composés de sociétés exportatrices. Une stabilisation, voire une progression du dollar serait favorable en 2018. La remontée des taux longs dans le monde devrait se poursuivre ces prochains mois, ce qui nous conduit à éviter les investissements obligataires dans notre gestion. Les valeurs financières devraient bénéficier de ce mouvement sur les taux d’intérêt.

Nous maintenons donc le cap sur les actions en Europe en dépit des performances récentes. Nos fonds ont su, par un stock picking efficace, dépasser les indices. Les perspectives bénéficiaires sont bonnes, d’autant plus que les marges des sociétés devraient se redresser, et le prix du marché est encore raisonnable. Nous gardons également un biais sur les marchés émergents et sur le Japon. Hormis quelques valeurs technologiques incontournables, nous sommes en retrait sur les actions américaines.

Marchés Financiers: