Le patrimoine financier des ménages ne cesse d’augmenter

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Le patrimoine financier des ménages a augmenté de plus de 7% à 170.000 milliards d’euros en 2016 et devrait poursuivre sur cette lancée cette année, avec une hausse attendue de 10%, selon l’étude annuelle Global Wealth Report de l’assureur allemand Allianz dans 53 pays.
 
Cette évolution, après une baisse de 4,7% en 2015, est due à la bonne orientation des marchés financiers depuis fin 2016, surtout aux Etats-Unis. Ainsi, entre début novembre et fin décembre 2016, le DJ Stoxx Industrials a gagné plus de 10%, le S&P 500 plus de 7% et le DJ Stoxx 50 européen de plus de 11%. Le mouvement a été similaire dans les pays émergents.
 
Ludovic Subran, Directeur de la recherche économique du groupe Allianz, estime que si les valeurs technologiques ont contribué à l’envolée des indices boursiers américains, ce sont surtout les anticipations politiques qui ont rassuré les investisseurs. Il souligne que la dynamique de cette année devrait porter le patrimoine financier à un nouveau record. Pour lui, le président américain Donald Trump a encore trois mois pour faire passer son plan fiscal, ce qui devrait être favorable aux actifs financiers. « Il ne devrait pas y avoir de correction forte des marchés en 2017 », déclare-t-il.
 
Selon les données d’Allianz, les ménages américains ont désormais le plus gros patrimoine financier (177.210 euros), devant les Suisses (175.720 euros), les Japonais (96.890 euros). 
 
Les Français disposent en moyenne de 56.040 euros et perdent quatre places au classement du fait de la progression de plusieurs autres pays, comme Singapour ou l’Australie. La France est dans le « ventre mou » du classement et la progression est due à l’épargne. Selon Allianz, les Français, comme les Allemands, sont les seuls à économiser une partie de leurs revenus du travail pour enrichir leur patrimoine. 
 
Dans les pays anglo-saxons, la progression est due essentiellement à l’appréciation des actifs financiers et certains ménages, comme les néerlandais, n’hésitent pas à sortir une partie de leurs gains. 
 
Comme l’explique Ludovic Subran, « dans de nombreux pays, c’est l’argent qui travaille pour les épargnants alors qu’en France, les épargnants travaillent dur pour protéger leurs actifs contre les faibles taux d’interêt. Les Français veulent mourir riches. »
 
Au cœur de ce problème réside l’incapacité du pays à avoir une gestion rigoureuse des finances publiques. Le gouvernement a ainsi annoncé sa volonté de réduire les déficits publics mais a demandé cet été à l’économiste Jean Pisani-Ferry de préparer un plan d’investissement de 57 milliards d’euros, relève Ludovic Subran. Face à cette incohérence, les Français préfèrent être prudents et épargner plutôt que prendre des risques.