Les yeux rivés sur la Chine

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par Kim Catéchis, Responsable des marchés émergents chez Martin Currie, filiale de Legg Mason

Le 19ème Congrès du Parti communiste chinois marque le début d’un renouveau politique et économique pour le pays. Le Président chinois, Xi Jinping, présentera au monde la nouvelle composition de son gouvernement, consolidant ainsi son propre pouvoir et asseyant ses idées pour les cinq prochaines années.

Nous nous attendons à ce que le gouvernement évolue de manière plus unie et plus efficace que durant le premier mandat de Xi Jinping. Certains points clé du programme du Président prendront un ancrage plus solide dans le plan de développement de la Chine, renforçant ainsi l’impact et la postérité de Xi Jinping.

Créer le « rêve chinois »

Depuis son arrivée au pouvoir, l’objectif du Président chinois est de redonner un nouveau souffle à sa nation, ce qui permettra à la Chine de gagner en prospérité, de renforcer son poids sur la scène internationale et d’offrir une meilleure qualité de vie à ses citoyens.

S’attaquer à l’environnement

La qualité de l’air et de l’eau est une priorité majeure pour la Chine. Cet impératif est aisément compréhensible : une grande partie de la population n’a pas encore d’accès direct à l’eau potable, et le niveau de pollution figure parmi les plus élevés au Monde.

Réformer la politique de l’offre

La Chine va sans doute continuer à fermer un certain nombre d’infrastructures inefficaces et polluantes dans les industries lourdes, et à baisser le niveau des subventions pour les « entreprises zombies » croulant sous les dettes. Ces mesures sont perçues comme nécessaires pour que la Chine puisse faire évoluer son statut de pays manufacturier vers une économie des services.

Désendetter le pays

La dette chinoise a augmenté de façon exponentielle au cours des dix dernières années et le gouvernement est conscient du danger que cela peut représenter pour le pays. C’est pourquoi l’accent sera mis sur l’obligation pour les entreprises de vendre certains actifs, ou de se retirer de fusions-acquisitions trop onéreuses (la plupart étant d’envergure internationale). Dans la mesure du possible, la Chine ouvrira ses portes aux investisseurs étrangers souhaitant investir dans l’économie.

Réformer les infrastructures

« One Belt, One Road », la réforme phare de Xi Jinping consistant à raviver l’ancienne Route de la Soie reste au cœur des priorités de la Chine. Ce projet repose sur un plan d’investissement de centaines de milliards de dollars dans les infrastructures de plus de 60 pays du monde, mais aussi sur un usage plus efficace des capacités de l’industrie chinoise dans le domaine des infrastructures. Cette stratégie de « soft power » va permettre à la Chine d’étendre son influence à l’international. Si elle s’avère efficace, cela remettra sérieusement en cause l’ordre établi du commerce transatlantique.

Privatiser les entreprises publiques

La privatisation des entreprises publiques va se poursuivre, mais elle risque finalement de décevoir les observateurs étrangers les plus optimistes. Pour la Chine, le but principal de cette réforme est de s’assurer que ses « champions nationaux » soient solides financièrement et qu’ils restent sous le contrôle du Parti. En marge de ce processus, l’injection de fonds privés dans l’économie sera la bienvenue pour réduire la dette du pays, tout en permettant au gouvernement de maintenir son contrôle.

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