Les faits de la semaine 18 (2010)

Dimanche 2 mai

Les ministres des Finances de la zone Euro mettent en oeuvre un plan d'aide de 110 milliards d’euros sur trois ans, dont 30 milliards seront apportés en 2010, à la Grèce en contrepartie d’un plan d’austérité. Le Fonds monétaire international (FMI) contribuera pour 30 milliards supplémentaires. “Nous avons décidé aujourd'hui d'approuver l'activation du mécanisme, sur la base d'un rapport de la Banque centrale européenne et de la Commission, qui confirme que la stabilité financière de la zone euro est menacée”, explique le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Le ministre chinois des Finances, Xie Xuren, confirme que son pays adaptera la gestion de sa monnaie, le yuan, à son rythme et sans tenir compte des pressions américaines. “Nous continuerons à promouvoir le perfectionnement du mécanisme de formation du taux de change du yuan et à maintenir le taux de change du yuan à un niveau raisonnable et équilibré”, dit-il en affirmant de nouveau que la valeur du yuan n’est pas la cause principale de l’excédent commercial chinois vis-à-vis de l’Occident.

Lundi 3 mai

Les dépenses de consommation aux Etats-Unis ont enregistré une hausse de 0,6% en mars après une progression de 0,5% en février (+0,3% en première estimation). Ajustées de l'inflation, elles sont en progression de 0,5% en mars comme le mois précédent. Le revenu des ménages a augmenté de 0,3% par rapport à février.

La Cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale (ICC) juge que la France doit verser 630 millions d'euros de dédommagements à Taiwan dans l'affaire de la vente de frégates en 1991. La société Thales et l’Etat doivent partager cette sanction.

UAL Corp, maison mère d'United Airlines, annonce un accord en vue de racheter Continental Airlines pour 3,17 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) afin de créer la première compagnie aérienne mondiale, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 29 milliards de dollars et des effectifs de quelque 90.000 personnes.

Mardi 4 mai – Les Bourses européennes et américaines sont en chute alors que des doutes demeurent sur la capacité à aider la Grèce et alors que les investisseurs redoutent une crise généralisée sur les dettes de plusieurs pays .

La banque centrale australienne – RBA – relève pour la sixième fois depuis octobre son taux directeur, le portant à 4,5% (+25 points de base) mais elle juge que les taux de crédit sont désormais proches de leur moyenne, ce qui laisse supposer une pause.

Le marché automobile allemand enregistre une chute annuelle de 32% en avril, subissant les effets de l’arrêt de la prime à la casse. C’est le cinquième mois consécutif de baisse.

Les ventes automobiles aux Etats-Unis ont atteint 11,21 millions d’unités en avril, soit une hausse de 19,8% par rapport à avril 2009 (9,23 millions), selon le cabinet Autodata. Mais c’est inférieur aux 11,78 de véhicules vendus en mars. Ford Motor annonce une hause de de ses ventes de 25%, Chrysler de 24,8% et General Motors de 6,4%.

Mercredi 5 mai

Les Bourses européennes, en particulier les places de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne, poursuivent leur chute en raison des craintes de contagion de la crise grecque à d’autres pays de la zone euro. A Athènes, des violences accompagnent un rassemblement de plus de 50.000 personnes hostiles à l’austérité et l'incendie criminel d'une agence bancaire a fait trois morts. La monnaie unique européenne continue de perdre de sa valeur face notamment au dollar. L’agence de notation Moody’s juge probable qu’elle abaisse la note du Portugal à l’issue de l’examen en cours.

Axel Weber, membre du conseil des gouverneurs des la Banque centrale européenne (BCE) et favori à la succession du président Jean-Claude Trichet, s’inquiète de la stabilité de la zone euro devant le Parlement allemand. “Il existe une menace de contagion sérieuse pour les autres pays de la zone euro et de réactions négatives sur les marchés financiers”, dit-il. “Un défaut de la Grèce dans la situation actuelle très fragile constituerait un risque important pour la stabilité de l'union monétaire et le système financier”.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, juge préoccupant l’état des finances publiques dans l’Union européenne. “Les niveaux des déficits publics sont à un niveau préoccupant”, déclare-t-il à la presse. “Tous les Etats membres de l'UE devront prendre des mesures concrètes et intensifier leurs efforts” pour assainir les comptes publics. La Commission européenne prévoit des déficits publics représentant 6,6% du Produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro en 2009 et 6,1% en 2011, contre 7,2% et 6,5% respectivement dans l’ensemble de l'UE.

La chancelière allemande Angela Merkel justifie le soutien financier apporté à la Grèce par l’UE et le FMI. “Il n'y a pas d'autre choix que de valider l'aide à la Grèce si nous voulons garantir la stabilité financière de la zone euro”, dit-elle. “Elle doit être débloquée pour éviter une réaction en chaîne dans le système financier international et européen et le risque d'une contagion à d'autres pays membres de l'euro”.

Jeudi 6 mai

Les marchés financiers américains dévissent dans un moment de panique qui voit l’indice Dow Jones perdre à un moment plus de 9%, subissant la forte baisse de son histoire en points (environ 1.000 points) pour passer sous la barre des 10.000 points. Les opérateurs évoquent une erreur de transaction qui a amplifié la baisse provoquée par la crise liée à la dette de plusieurs pays de la zone euro.

La Banque centrale européenne (BCE) maintient, pour le douzième mois consécutif, son principal taux directeur, le taux de refinancement, à 1%. Le président, Jean-Claude Trichet, assure que la BCE n’a pas évoqué la possibilité d’acheter des obligations souveraines. Il exclut l'hypothèse d'un défaut de la Grèce sur sa dette.

Le parlement grec adopte le plan d'austérité du gouvernement, permettant ainsi la mise en place du plan d’aide de 140 milliards d’euros de l’Union européenne et du FMI. Le plan prévoit notamment un gel des salaires et des retraites du secteur public, une hausse de deux points du taux de TVA et une augmentation de diverses taxes.

Le gouvernement italien abaisse sa prévision de croissance du PIB à 1,0% pour cette année contre 1,1% précédemment et à 1,5% pour 2011 contre 2%. Il anticipe que la dette publique atteindra 118,4% du PIB en 2010 contre une prévision précédente de 116,9% et continuera de progresser en 2011 à 118,7% alors qu’il tablait sur 116,5% jusqu’ici. Le déficit public est toujours attendu à 5% du PIB cette année et à 3,9% en 2011.

Le gouvernement français annonce un gel des dépenses de l’Etat sur trois ans et une réduction de 5,0 milliards d’euros des niches fiscales (dont le coût annuel serait de 37,5 milliards) et sociales afin de commencer à assainir les finances publiques. Le déficit public devrait représenter 8% du PIB en 2010. La France prévoit de le ramener à 6% en 2011, à 4,6% en 2012 et à 3% en 2013 mais cette prévision repose sur l’hypothèse d’une croissance économique annuelle de 2,5% à partir de 2011 que la Commission européenne juge particulièrement optimiste.

Le président gabonais Ali Bongo réclame pour son pays une participation de 10% à 15% du capital du groupe minier français Eramet et 25% à 33% de la filiale gabonaise Comilog (qui exploite des mines de manganèse au Gabon). Il souhaite profiter de la recomposition du capital d’Eramet, le géant du nucléaire Areva pouvant céder sa part (26%).

Vendredi 7 mai

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la zone euro décident de mettre en place un mécanisme permanent de gestion des crises pour assurer la stabilité financière de la zone euro. Des mesures peuvent être mises en place dès l’ouverture des marchés financiers lundi après une semaine de turbulences.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro approuvent formellement le plan d'aide de 110 milliards d’euros à la Grèce déclenché dimanche dernier par leurs ministres des Finances. La première tranche des prêts sera accordée d'ici le 19 mai, date à laquelle le gouvernement grec devra refinancer 8,5 milliards de dette.

Les marchés financiers sont toujours dans la tourmente. L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 baisse encore de 3,71%, portant à 8,75% son recul sur l'ensemble de la semaine, sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis novembre 2008. La baisse est de 4,6% à Paris, de 2,6% à Londres et de 3,27% à Francfort. Aux Etats-Unis, le Dow Jones recule de 1,33%, l’indice Standard & Poor's de 1,53% et le Nasdaq de 2,33%.

Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Espagne a progressé de 0,1% au cours du premier trimestre par rapport au quatrième trimestre 2010, signant ainsi une sorte de récession.

Le P-DG de Goldman Sachs Group, Lloyd Blankfein, annonce que la banque d’affaires va réaliser un “auto-examen rigoureux” de ses pratiques alors que les critiques se multiplient sur ses conflits d’intérêt éventuels. “Il n'y a pas de plus grande priorité pour notre conseil d'administration et notre direction que d'entreprendre un passage en revue exhaustif de l'ensemble de nos pratiques de gestion”, dit-il devant l’assemblée générale des actionnaires en démentant une nouvelle fois que Goldman Sachs joue contre ses clients.

Voir les indices boursiers de la semaine