Élections américaines et marchés financiers : un premier constat négatif pour la volatilité et la direction

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par Gilles Moëc, Chef Economiste chez AXA Investment Managers

Volatilité : Il faudra certainement attendre un certain temps avant de connaître le résultat final des élections. De nombreux Etats ont déjà livré leurs verdicts, d’autres ont dévoilé des résultats partiels, les médias américains publient leurs projections. Comme en 2016, le résultat semble une nouvelle fois dépendre des suffrages dans les Etats du « mid-ouest » de l’Amérique qui ne pourront pas annoncer des résultats fermes immédiatement. Selon les observateurs officiels, il faudra probablement attendre jusqu’à vendredi pour le résultat dans le Michigan, encore plus longtemps vraisemblablement pour la Pennsylvanie.

Le décompte des votes postaux, qui semble pour l’instant favoriser Joe Biden, peut ouvrir la voie aux disputes légales pour les invalider, ce qui complique d’autant plus le processus de décompte et le timing du résultat final. Les marchés financiers réagiront tous azimuts au bon gré des résultats partiels et tensions juridiques, voire potentiellement des manifestations. Pour rappel, lors des élections contestées en Floride en 2000, l’indice actions S&P a perdu 6% ; et ce n’était qu’un seul Etat.

Direction : Un congrès divisé, tel qu’il semble se profiler, limitera les pouvoirs du prochain président, peu importe lequel. Si la chambre des représentants restera probablement en majorité démocrate, la course sénatoriale est encore plus incertaine que déjà attendue. Elle risque d’ailleurs d’être plus longue car un second tour se profile pour l’un des sièges de l’Etat de Géorgie, à mener en janvier. Si techniquement il est encore possible de voir le Sénat basculer dans le camp démocrate, un tel changement semble bien difficile : pour l’heure, les Démocrates ont perdu le siège en Iowa qui paraissait à leur portée dans les sondages, alors que les Républicains auraient conservé leur avance en Caroline du Nord. Si le président Trump se voyait octroyer un second mandat, il devrait connaître la même paralysie sur les sujets de politique budgétaire et fiscale, comme nous avons pu constater ces dernières semaines. De même, si Joe Biden l’emportait, il peinerait à implémenter son vaste plan de stimulus budgétaire, mis à part une concession des républicains pour octroyer un petit package dans le très court terme. En revanche, cela limitera certainement le rebond des taux longs américains.

Il est possible qu'à moyen terme, un gouvernement divisé puisse être néanmoins positif, limitant en quelque sorte les aspects les plus radicaux des deux programmes électoraux. Cependant, à court terme, compte tenu de la nécessité de réagir rapidement à la crise du Covid-19 et à ses ramifications économiques, cela ne peut pas être un bon résultat.

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