Soutenir les PME

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par J. Ianello. 
La Commission européenne publiera au début de l’année prochaine son livre vert sur l’entreprenariat et ce livre doit forcement concerner la petite entreprise car comme je vous le disais, la petite entreprise est l’épine dorsale de l’économie Européenne et donc ce livre vert sur l’entreprenariat doit cibler ce noyau dur de l’économie européenne.

Il vise également à stimuler un débat ouvert et transparent sur comment renforcer la politique d’esprit d’entreprise à l’avenir, donc là vous aurez un rôle très important à jouer. Il y aura 2 objectifs à atteindre avec ce livre :

  • Favoriser la création d’entreprise
  • Aider les entreprises à se développer .

Autres actions entreprises au niveau de la Commission, c’est le Commissaire LIKANEN, mon commissaire, en décembre 2001 qui a désigné à l’intérieur de la DG entreprise des représentants de petites et moyennes entreprises ayant le rôle d’interlocuteurs pour les services de la Commission et pour les administrations nationales dont on a officiellement reconnu le rôle de représentant de la PME. Cela existe dans très peu d’états membres au niveau de l’Union Européenne. Beaucoup de programmes communautaires font référence explicitement au rôle des petites entreprises pour concrétiser les finalités même du programme. Je veux parler de MEDA, du 6ème programme de recherche, d’EUMEDIS qui a financé ce projet.

L’unité dans laquelle je travaille, chargée de la petite entreprise, de l’artisan, de certains groupes cibles, de minorités ethniques, jeunes entrepreneurs et de la femme a comme finalité d’approfondir la connaissance de la structure de l’entreprise au niveau européen, d’améliorer l’environnement de ces entreprises, par l’identification des obstacles, d’aider au développement durable de celles–ci et surtout de préparer des propositions pour les surmonter. Je pense que les obstacles nous les connaissons déjà : si nous prenons les axes des trois conférences de la petite entreprise, ils sont là. Pour nous, il y a deux axes prioritaires pour tirer meilleur profit du marché intérieur et de la future zone de libre échange dont on parlait tout à l’heure : a) favoriser la participation et la prise en compte des intérêts des petites entreprises au processus de normalisation en permettant de mettre sur le marché des produits de qualité, là je me rattache aux propos du collègue de la BEI. Les bénéfices de la normalisation pour les petites entreprises sont clairs : avantages concurrentiels.

La normalisation donne l’état actuel de la technologie, augmente la protection au travail et de la santé, simplifie les procédures, diminue les serveurs et les défauts de production et donne plus de sécurité dans le commerce électronique. La normalisation paye, l’Institut Allemand de normalisation, le DIN, a calculé qu’en moyenne une entreprise récupère 5 fois le coût de la normalisation. Une entreprise italienne de 8 personnes avec un capital de 98000 € a appliqué ISO 9001 depuis 1997, et depuis 1998 n’a plus envoyé à ces clients un seul produit défectueux. Ce sont là les avantages de la normalisation. Afin de promouvoir les petites entreprises dans le processus de normalisation européenne, nous avons signé en juillet 2002, un contrat avec un consortium « NORMAPME » qui doit :

  • organiser un système d’informations ciblées sur certaines normes et feed-back des entreprises,
  • participer aux réunions stratégiques des organisations européennes et internationales de normalisation.
  • créer et animer un réseau d’experts,
  • stimuler la coopération entre les organisations nationales et sectorielles des petites et moyennes entreprises, et là je pense qu’ il est important que la normalisation devienne la priorité des organisations professionnelles et consulaires au niveau national et qu’elles s’engagent dans ce processus.

L’expérience précédente n’a pas été très concluante car ils n’ont pas obtenu un soutien suffisant des organisations. Maintenant s’il vous plait nous avons trois ans pour faire réussir ce projet b) offrir un service de qualité aux petites entreprises pour qu'elles puissent saisir les opportunités, que la mise en place de la zone de libre échange, ne manquera pas de créer, donc un service de soutient que souvent vos organisations offre déjà à vos adhérents. Ce volet constitue pour nous un dossier stratégique. Les services de soutiens à la qualité permettent aux PME de survivre, d’être plus compétitives, de développer des nouveaux produits, d’engager des nouvelles coopérations. Nous avons fait des progrès réels dans ce domaine suite à une étude que nous avons présentée à Vienne au mois de mars 2002. Nous disposons maintenant d’une méthodologie pour accroître notre connaissance des besoins des PME. Celle-ci a été validée et appliquée dans certaines régions comme la Sardaigne, la Pologne, d’autres régions comme la Finlande et la Belgique vont l’appliquer. Une fois que nous connaissons les besoins nous devons réfléchir à la façon d’y répondre et c’est ici qu’intervient le projet qui a été initié par la Pologne et la FFCGEA en France et par une société financière en Sardaigne. Que voulons nous faire avec ces services de soutien ?

  • favoriser l’application de cette méthodologie dans les régions et les pays afin de connaître plus à fond les besoins de la petite entreprise
  • créer un référentiel de qualité et de prestation de services.
  • sur la base de ce travail, mettre en place une plateforme commune des compétences du conseiller de la petite entreprise.
  • ensuite, favoriser l’émergence de services spécifiques, ciblés en fonction de la taille des entreprises, de la phase de développement du secteur dans lequel elle travaille.
  • définir un système d’évaluation des prestations de services. Nous pensons qu’il est indispensable que les organisations professionnelles et consulaires s’engagent dans ce processus et soutiennent les actions de suivi qui ont émergé sur le terrain. Nous travaillons encore sur d’autres domaines qui sont :
  • l’accès des petites et moyennes entreprises sur le marché public qui devrait permettre de lancer un projet d’étalonnage de performances entre les différents états membres et les pays candidats et d'identifier les bonnes pratiques qui permettent aux petites entreprises de remporter plus de marché public.
  • favoriser l’entreprenariat féminin grâce à l’identification de bonnes pratiques. Une étude vient de se terminer et nous serons en conférence à Bruxelles le 28 mars 2003 pour encourager l’entreprenariat et la reconnaissance des talents des entrepreneurs issus de minorités ethniques, là nous allons organiser au mois de juin une conférence,
  • mise en œuvre du statut de la coopérative, qui pourra permettre aux petites entreprises d’engager une collaboration transnationale. Ce statut européen de la coopérative sera le premier au niveau européen où 5 personnes ou 5 petites entreprises ou 5 entrepreneurs pourront constituer un organisme européen. C’est le premier statut européen à la disposition du citoyen européen, celui de la société anonyme européenne étant accessible seulement aux sociétés de ce statut, il peut constituer un instrument très utile pour développer les collaborations transnationales. Rien n’empêche de faire des échanges d’expériences avec les pays de la partie sud de la méditerranée.

Enfin je souhaiterais lancer une invitation à joindre nos efforts parce que nous sommes tous convaincus de l’importance de la petite entreprise dans l’Union Européenne et dans les pays méditerranéens ; joindre nos efforts pour porter au niveau politique le plus élevé le besoin et ne plus faire de lamentations mais être positif. Ne plus dire que nous sommes toujours maltraités mais dire que nous voulons ça, ça et ça, ce qui sera utile pour la petite entreprise.

 Ceci peut-être fait au niveau national, au niveau européen, régional avec la Banque Européenne d’Investissement mais soyons positif sinon nous risquons de garder cette chimère de la petite entreprise comme quelque chose d’abstrait. Nous devons donner des contenus à ce secteur ; si nous sommes capables de réunir nos efforts, je suis sûr que nous rendrons un service aux petits entrepreneurs et à l’Union Européenne.

 

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