Politiques

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Quelle trajectoire pour l’économie française ?

par Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum AM

Le gouvernement français table sur une contraction de l’activité de -11% en 2020. Cela suppose une convergence rapide de l’économie vers 100% de ses capacités d’avant crise. Dans ce cas, la crise serait effacée rapidement avec une allure en V. En revanche, si le choc sanitaire a un impact négatif plus persistant sur l’activité et l’emploi, le retour à une situation “normale” sera beaucoup plus longue à se dessiner.

L’arbitrage entre les deux sera fonction de l’efficacité de la politique économique, notamment dans sa capacité à réduire l’incertitude du consommateur et des entreprises. Alors que le monde devient moins coopératif, l’Europe se serre les coudes pour trouver une solution commune à cette crise et entrer dans une logique plus collective. C’est plutôt un bon signal qui allonge l’horizon de chacun et permet d’espérer.

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UE : le grand marchandage saura-t-il produire le bond en avant ?

par Paola Monperrus-Veroni Economiste au Crédit Agricole

Non, ce n’est pas un "moment hamiltonien" pour l’Union européenne, comme annoncé par le ministre des Finances allemand O. Scholz et répété par plusieurs observateurs. Ce que fit Hamilton en 1790 aux États-Unis fut la reprise par l’État fédéral des dettes des États américains en échange du pouvoir de taxation. Ce "moment hamiltonien" demande un degré élevé de mutualisation des risques et l’abandon d’un peu de souveraineté. Il requiert aussi un changement des Traités. La volonté politique pour opérer un tel saut n’est pas là. Les opinions européennes n’y sont pas prêtes partout.

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L’industrie moteur du rebond

par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé chez Amplegest

Nous vivons un paradoxe entre d’une part la réalité douloureuse des chiffres économiques et, d’autre part, un sentiment plus optimiste.

Le choc des statistiques économiques publiées récemment est un révélateur de l’ampleur de la crise. Le confinement a brutalement stoppé la croissance mondiale et fait plonger le monde dans une soudaine récession. Quelques chiffres illustrent cette réalité : l’explosion du chômage aux Etats-Unis, les prévisions de l’INSEE pour la croissance française au deuxième trimestre (-20% !) ou encore l’arrêt total du marché automobile en Europe.

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« Next Generation EU » : vers une Europe plus solidaire ?

par Alexandre Hezez, Stratégiste Allocataire du Groupe Banque Richelieu

La Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a détaillé devant le parlement européen le projet de plan de relance de la Commission, appelé Next Generation EU.

La proposition pour le budget 2021-2027 de l’Union européenne dévoilée par la Présidente de la Commission européenne aura finalement répondu aux attentes en faveur d’un approfondissement de l’Europe, comme en atteste le rebond de l’euro face aux principales devises et la nouvelle contraction des spreads, quoique modeste, entre les taux souverains allemands et ceux des pays périphériques.

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Union européenne : une proposition ambitieuse et des négociations difficiles en perspective

par William De Vijlder, Group Chief Economist chez BNP Paribas

Suite à la récente proposition franco-allemande portant sur un plan de relance de EUR 500 mds et à la réaction glaciale de l’Autriche, des Pays-Bas, du Danemark et de la Suède, tous les regards étaient tournés vers la Commission européenne. La proposition de cette dernière, rendue publique cette semaine et portant sur la création d’un nouvel instrument pour la relance, « Next Generation EU », est à la fois judicieuse, complète, ambitieuse et créative. Il reste à savoir, cependant, sous quelle forme elle sera mise en œuvre.

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La restructuration de la dette détenue par les banques centrales est sans doute la «moins mauvaise» des solutions

par Christophe Morel, Chef économiste chez Groupama AM

La soutenabilité d’une dette publique ne s’apprécie pas à l’aune d’un « plafond » sur le ratio d’endettement, mais d’un excédent primaire « socialement acceptable ». La notion de soutenabilité de la dette a fortement évolué dans le temps. Sans doute très influencé par l’expérience des crises émergentes, le critère de convergence de Maastricht plaçait la zone de danger du ratio d’endettement public rapporté au PIB à 60%. Après la crise financière mondiale de 2007-2008, les travaux de Reinhart & Rogoff concluaient qu’au-delà de 90%, l’endettement pénalisait la croissance[1].

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Climat des affaires en France : voir le verre à moitié plein

par Julien Manceaux, Senior Economist chez ING

Les chiffres du climat des affaires du mois de mai nous poussent à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à demi vide. Ils montrent en effet que la reprise pourrait être meilleure qu’attendue dans les services et que les industriels sont prêts, même si les carnets de commandes sont encore loin d’être remplis. Le gros coup de pouce à l’automobile décidé hier devrait avoir un impact positif à cet égard. La confiance des consommateurs montre par contre que ceux-ci restent prudents. Dans l’ensemble, ces chiffres montrent une économie prête au déconfinement, sans pour autant dessiner une reprise en « V ».

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Le plan Européen : la clé de l’autonomie

par Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum AM

Le monde ne suit plus une logique coopérative et c’est pour cela que pour retrouver davantage d’autonomie de croissance, l’accord franco/allemand était nécessaire. Il n’est plus possible d’attendre que le monde aille mieux pour aller bien. Il faut prendre des initiatives localement pour relancer et soutenir l’activité.

S’il est validé à l’échelle des européens, le plan de 500 Mds d’euros sera un changement majeur dans le fonctionnement de l’Union Européenne. La Commission Européenne émettrait de la dette à la hauteur du montant du plan puis le capital récolté serait redistribué, sous forme de subventions, entre les pays européens en fonction des besoins en liaison avec les effets de la pandémie. On peut toujours discuter de la taille du plan. Il est réduit par rapport aux plans américains mais c’est une première étape très symbolique.

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Des interrogations légitimes, mais priorité au thème de la reprise

par Stéphane Monier, Responsable des investissements chez Lombard Odier

La pandémie de Covid-19 a mis les systèmes de santé à dure épreuve et l'économie à l'arrêt. Elle a malmené certaines industries et créé des difficultés à tous les niveaux. Inégalement impactés par cette crise, les États membres de l'Union européenne se sont efforcés d'y trouver une réponse commune, mettant en lumière une fois de plus les différences en matière de budgets et d'attitudes face à la dette entre le nord et le sud du Vieux contient.

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La France et l’Allemagne proposent, le Conseil dispose

Par Carsten Brzeski, Chief Economist chez ING

C’est lors d’une rencontre virtuelle ce 18 mai entre Berlin et Paris que plus de précisions sur les intentions franco-allemandes quant à la relance en Europe après la crise du Covid 19 ont été dévoilées. L’instrument principal sera un fond de 500 milliards d’euros qui a quelques caractéristiques redistributives susceptibles de rassurer un peu les marchés. Le Conseil Européen des 18 et 19 juin devra statuer sur cette proposition : il ne reste que quelques semaines au tandem franco-allemand pour convaincre, et éviter que son projet ne passe à la même trappe que la proposition espagnole d’avril.

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