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Dix ans après : une nouvelle normalité qui interroge

par William de Vijlder, Chef économiste de BNP Paribas

Dix ans après la faillite de Lehman Brothers, la crise financière puis la Grande récession qui ont suivi, dans quelle mesure les grandes économies se sont-elles relevées ?

Le tableau est mitigé : dans la plupart des pays, le PIB réel par habitant est plus élevé qu’avant la crise

Mais la dette publique n’a pas reculé, et la croissance a été lente, malgré les politiques expansionnistes

Les taux directeurs sont (très) bas et la taille des bilans des banques centrales a considérablement augmenté

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10 ans après Lehman : état des lieux

par Pascal Blanqué, CIO Groupe, et Vincent Mortier, CIO Adjoint Groupe chez Amundi

La faillite de Lehman Brothers survenue il y a dix ans a marqué le début de la crise financière de 2008. L’héritage de la crise révèle plusieurs paradoxes, avec des conséquences sur l’économie et sur les marchés financiers.

1. L’incapacité à se désendetter: le rythme d’endettement a ralenti mais, en termes absolus, il n’y a pas eu de processus de désendettement réel après la crise. La perspective d’une hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de la reprise conjoncturelle soulèvent des questions sur la soutenabilité de la dette. Il conviendra d’identifier les domaines vulnérables susceptibles de se transformer en risques idiosyncratiques pour empêcher la dépréciation des actifs.

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Le meilleur des mondes économiques

par Eric Bourguignon, Directeur Général Délégué de Swiss Life Asset Managers (France)

Rares sont les économistes à avoir laissé leur empreinte dans l’histoire. Léon Walras, né à Evreux en 1834, fait indéniablement partie de ce cercle très restreint aux côtés d’Adam Smith, Jean-Baptiste Say, Karl Marx, ou John Maynard Keynes, pour ne citer que les plus connus d’entre eux.

Publiés en 1874, ses Eléments d’économie politique pure ont en effet révolutionné la science économique. En recourant aux mathématiques dans ses travaux, L.Walras a non seulement apporté à cette science la rigueur qui lui manquait, mais il a aussi et surtout pu démontrer que sous certaines conditions l’économie de marché tendait « mécaniquement » à atteindre le plein emploi.

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Attention aux effets retardés des hausses de taux de la Fed sur l’économie

par Bastien Drut, Stratégiste Senior chez CPR AM

La réforme fiscale et le budget 2018 ont indéniablement donné un coup de fouet à l'économie américaine. Ils ont soutenu l'investissement des entreprises et la consommation des ménages sur le premier semestre et cela devrait se poursuivre sur les trimestres à venir. Toutefois, il est désormais clair que d'autres facteurs jouent en sens inverse en ce qui concerne l'activité économique et la normalisation monétaire de la Fed en fait partie. Sauf surprise, la Fed devrait relever ses taux directeurs à 2,00/2,25% lors de son comité de politique monétaire de septembre. La hausse de taux directeurs sur ce cycle sera alors de 200 points de base. Même si les taux restent bas comparativement aux cycles précédents, une telle augmentation n’est pas neutre pour l’économie.

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La Fed se méfie des étoiles

par William de Vijlder, Chef économiste de BNP Paribas

Il est fortement déconseillé de marcher en regardant en l’air au risque de se cogner. Comme l’a rappelé Jerome Powell à Jackson Hole la semaine dernière, mieux vaut regarder devant soi que de se fier aux étoiles pour s’orienter. Il a ainsi filé la métaphore stellaire tout au long de son intervention :

« A la Fed et ailleurs, les analystes évoquent ces valeurs si souvent qu’ils les désignent par des abréviations (…) : u* (ou « u étoile ») correspond au taux de chômage naturel, r* désigne le taux d’intérêt réel neutre et π* symbolise l’objectif d’inflation. Selon la pensée conventionnelle, les décideurs politiques devraient s’orienter à partir de ces étoiles, qui sont dans ce sens très proches de leurs cousines célestes ».

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Perspectives macroéconomiques d'automne : une divergence perturbatrice

par Witold Bahrke, Stratégiste Macro Senior chez Nordea Asset Management

L'économie mondiale connaît un ralentissement asymétrique, caractérisé par une surperformance de l’économie américaine face au reste du monde. Il en résulte un double effet de resserrement monétaire via la hausse des taux d’intérêt et l’appréciation du dollar. Cette divergence crée un équilibre instable : soit les États-Unis devront ralentir, soit la Chine et le reste du monde devront accélérer. Lors des prochains mois, cette divergence devrait se poursuivre, le dollar fort accentuant cette situation en pénalisant surtout les marchés émergents. Le scénario le plus probable serait ensuite un affaiblissement de la croissance américaine.

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Brexit : les négociations entrent dans la phase critique

par Slavena Nazarova, Economiste au Crédit Agricole

À l’automne, le Royaume-Uni et l’UE devront parvenir à un accord sur les conditions de la sortie du pays de l’UE et sur un « cadre de la future relation ».

Selon notre scénario central, un accord de dernière minute sera finalement atteint (très probablement lors de la réunion du Conseil européen le 13 décembre) et un scénario catastrophe sera évité.

Sans aucun doute, les risques politiques liés à notre scénario sont divers et extrêmes, et peuvent faire évoluer le processus du Brexit dans un sens ou dans l’autre. Le «vote significatif » du Parlement britannique sur l’accord définitif au sujet du Brexit représente le principal événement à risque.

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Ce que chaque Français devrait connaître sur la Finlande

par Tomas Hildebrandt, Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français chez Evli

A l’occasion de la visite du Président Emmanuel Macron en Finlande, il est temps pour chaque Français de réviser ses connaissances sur la Finlande !

La Finlande doit son existence à Napoléon. S’il n’avait pas convaincu le Tsar russe Alexandre d’entrer en guerre contre la Suède, la Finlande ferait toujours partie de la Suède. Les événements historiques ont suivi leur cours, et en 1917 la Finlande obtient son indépendance de la Russie. Et la France fût le troisième pays à la reconnaître – après la Russie avec Lénine à sa tête et la Suède.

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Y a t il un avantage macroéconomique au prélèvement à la source ?

par Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum AM

Les nuages s’amoncellent sur la réforme du prélèvement à la source qui doit être mis en œuvre le 1er janvier prochain. Le Président de la République Emmanuel Macron a demandé, jeudi, des précisions sur l’efficacité du système. Déjà le week-end dernier, dans son interview au Journal du Dimanche, le premier ministre laissait se profiler un doute sur la date.

Il y a plusieurs questions qui sont posées par le système mis en place:

1 – La nécessité de mettre en œuvre une telle réforme.

On peut y voir des avantages microéconomiques lorsque le revenu du contribuable évolue à la baisse. Son impôt s’ajuste beaucoup plus vite qu’actuellement en raison de l’absence de décalage dans le temps. Une personne se retrouvant au chômage ou partant à la retraite connaîtra ainsi une situation plus facile à gérer.

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De la globalisation et de la construction de l’Europe...

par Xavier Lépine, Président du Directoire de La Française

La nécessaire impossibilité ou l’impossible nécessité, voilà l’essence même du tragique (V. Jankélévitch). Une certaine amblyopie intellectuelle pousse de plus en plus d’Européens à critiquer, refuser, la construction de l’Europe. « Vous battissiez des châteaux de sable, nous voici désormais dans la mer qui les a engloutis » devient le leitmotiv de nombreux partis « nationalistes » en Europe qui prônent le repli sur soi.

Les arguments de ces populistes qui s’approprient la nation sont malheureusement nombreux… mais inexacts.

La globalisation des marchés s’est effectivement réalisée sans état de droit ; la globalisation de la démocratie n’existe pas et il est vrai que le fonctionnement de marchés sans état de droit introduit deux biais : le court-termisme et le chacun pour soi. Mais la réponse n’est pas le nationalisme et le refus des marchés.

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