Politiques, réveillez-vous !

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par Philippe Delienne, président de Convictions AM

La crise politique de part et d’autre de l’Atlantique a continué de saper le moral des investisseurs tout au long du mois d’août. Les marchés actions ont connu une volatilité presque aussi importante qu’après la faillite de Lehman Brothers, avec de violents retournements de tendances à la baisse marqués par des écarts moyens de 6% en une seule séance.

Les mauvaises nouvelles en provenance des indicateurs macro-économiques aux Etats- Unis et en Europe, la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard & Poor’s, la crise grecque, les dissensions des dirigeants de la zone euro ont provoqué des chutes sévères sur les marchés actions.

Mais les rumeurs ont tout autant déboussolé les marchés. Le 10 août, l’éventualité d’une faillite de la Société Générale s’est répandue comme une traînée de poudre envoyant l’Eurostoxx 50 au tapis. Le lendemain, une nouvelle rumeur sur une faillite de la Société Générale puis celle sur la perte de son AAA par la France ont une nouvelle fois déclenché une spirale de baisse sur les marchés.

Les indices des pays occidentaux ont donc connu un mois d’août déplorable tandis que les pays émergents, qui depuis 2009 étaient orientés à la hausse malgré quelques phases de repli, ont eux aussi décroché. Sur le marché des changes, le dollar a retrouvé son rôle de valeur refuge avec néanmoins des mouvements de balancier : en période de stress, il s’est apprécié tandis que l’accalmie revenue il a baissé. 

Les devises émergentes ont elles aussi reculé face au dollar tandis que le yuan a poursuivi sa hausse à un rythme mesuré. A l’exception de l’or, les prix des matières premières ont diminué, notamment ceux de l’énergie. Le cours du pétrole s’est stabilisé après avoir reflué, ce qui écarte tout risque d’inflation et se révèle bénéfique à la croissance. Il faudrait que la croissance mondiale dépasse le seuil de progression de 3% en un an pour provoquer une nouvelle hausse du prix du baril. Sachant que l’on peut s’attendre à une croissance molle dans les années qui viennent, le risque d’une envolée des prix de l’énergie s’éloigne.

Les craintes suscitées par le blocage politique américain et par la crise européenne ont entraîné un report des investisseurs sur les emprunts d’Etat américains et allemands. Les taux à long terme se sont effondrés à 1.91% aux Etats-Unis et à 1.72% en Allemagne. A l’inverse les taux grecs se sont tendus à des niveaux stratosphériques tandis que l’intervention de la Banque centrale européenne (BCE) qui a racheté des titres de dette souveraine italienne et espagnole a permis de faire refluer les taux nettement en deçà de 6%.

Témoins de l’extrême volatilité des marchés, l’or, le yen, le franc suisse, les actifs «Armageddon» permettant de se prémunir contre les fortes chutes des actifs financiers en période de crise, ont connu des variations importantes au mois d’août. L’or a pâti des relèvements (11 et 25 août) des appels de marge par le Comex pour tenter d’enrayer l’envolée des cours, mais la pause fut de courte durée. La Banque nationale de Suisse a provoqué une chute de 10% du franc suisse en décidant d’intervenir sur le marché des changes pour enrayer la hausse de la devise helvétique.

 

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