Bourse : la France entre deux eaux

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Tout le monde a poussé un petit cocorico avec l’annonce d’une hausse de 15% de la Bourse de Paris sur l’année 2012. Mais, à y regarder de plus près, l’indice CAC 40 accumule un retard inquiétant depuis cinq ans. De quoi fragiliser les grandes entreprises françaises.

 
Les marchés boursiers européens, qui étaient pratiquement tous en baisse à la mi-année, ont bénéficié de l’intervention de la Banque centrale européenne (BCE), qui a annoncé en août sa détermination à tout faire pour sauver la monnaie unique. Les investisseurs, essentiellement anglo-saxons qui jouaient l’explosion de la zone euro, ont compris le message et un courant acheteur a porté les valeurs financières notamment.
 
Certains pays en ont profité plus que d’autres. Si le CAC 40 a gagné 15,22%, un peu plus que l’Euro Stoxx 50 (+13,77%), le DAX allemand s’est adjugé 29% !
 
Cela étant, il faut reconnaître que la performance annuelle ne veut pas dire grand chose. Rares sont ceux qui achètent le 1er janvier (ou le 2) pour vendre le 31 décembre. 
 
Il faut regarder les points d’entrée au long de l’année. Bonne nouvelle, comme le CAC 40 a terminé l’année à son plus haut niveau des 12 derniers mois, ceux qui ont acheté, via un tracker par exemple, l’indice à n’importe quel moment de l’année sont gagnants à condition d’avoir gardé le produit jusqu’au 31 décembre. Celui qui a acheté le CAC 40 le 1er juin, alors que l’indice était à son plus bas de (2.950 points), réalise une excellente performance s’il vend à la fin de l’année puisque l’indice a terminé à 3.641 points. Evidemment, celui qui s’est positionné en mars à 3.600 points peut faire la grimace même s’il n’est pas perdant.
 
Plus intéressante est l’observation sur une période plus longue. Ainsi, le CAC 40 est en baisse de 37,1% par rapport à la fin 2007, c’est-à-dire avant le déclenchement de la crise financière, alors que le DAX est en repli de 7,6% et le FTSE britannique de 9,3%. On pourra se consoler en soulignant que l’Ibex espagnol a perdu sur la période 45,8% de sa valeur et le MIB italien 58,9%. En Europe, aucun indice n’a retrouvé son niveau d’avant la crise.
 
Aux Etats-Unis, le S&P 500 a pratiquement retrouvé son niveau (-0,54%) tandis que le Dow Jones Industrials (+2,37%) et le Nasdaq Composite (+19,9%) l’ont dépassé.
 
Ces chiffres montrent bien que la croissance américaine a commencé à repartir et que l’Europe demeure à la traîne. Et en Europe, les pays du Nord s’en sortent mieux que les pays du Sud. La France est entre les deux. C’est bien le problème du pays : s’il ne veut pas connaître le sort des Etats périphériques, il faudra prendre des mesures favorisant les entreprises car en créant de la valeur pour l’actionnaire elles génèrent aussi de l’emploi.