Choc pétrolier

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par César Pérez Ruiz, Responsable des Investissements et CIO chez Pictet Wealth Management

Les turbulences observées ces deux dernières semaines sur les marchés ont mis en lumière les sociétés les plus vulnérables. C’est ainsi qu’au Royaume-Uni, la compagnie aérienne régionale Flybe a fait faillite. Bien qu’en position de monopole sur la plupart de ses lignes, la société n’était parvenue à en rendre bénéficiaires que quelques-unes et avait enregistré des pertes pendant près de 10 ans avant de décider de quitter la cote en 2018. Le jour même où se scellait le sort de Flybe, la banque centrale indienne prenait le contrôle du prêteur privé Yes Bank, qui pâtit d’une lourde dette.

Effrayés par l’effondrement du cours de son action, les clients paniqués faisaient la queue pour retirer leurs dépôts. Les actifs les plus risqués sont les plus vulnérables à la volatilité actuelle et alors que l’accès au crédit se resserre, nous misons une fois de plus sur les obligations de qualité et nous sous-pondérons le «high yield» au sein des portefeuilles.

Tentant de contrer l’émergence de difficultés économiques liées au coronavirus, la Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux la semaine dernière, sans attendre sa prochaine réunion de politique monétaire. En parallèle, de nombreux pays cherchent à relancer leur économie par des mesures budgétaires. Cette semaine, nous allons suivre en particulier les mesures que prendra la Banque centrale européenne (BCE) en vue de soutenir les petites et moyennes entreprises européennes. Le système sanitaire chinois doit quant à lui faire ses preuves après la construction en seulement dix jours d’un hôpital destiné au traitement des personnes atteintes du coronavirus. Nous confirmons notre approche positive à l’égard des monnaies défensives, qui s’apprécient face au dollar.

Le prix du pétrole, déjà malmené par des craintes de ralentissement de l’économie mondiale, a plongé de 30% après l’échec des discussions entre l’OPEP et la Russie au sujet d’une réduction de la production. La guerre des prix du pétrole devrait avoir de sérieuses conséquences pour le marché «high yield» américain, très dépendant du secteur de l’énergie, mais aussi pour les titres liés à l’énergie et les marchés financiers en général. Cette semaine, sur des marchés très mouvants qui commencent à anticiper une grave récession, les yeux seront rivés sur la possibilité de réponses politiques coordonnées, tant monétaires que budgétaires. Sur une note plus positive pour les actions, le rendement offert par les bons du Trésor à 30 ans est désormais inférieur au rendement en dividendes du S&P 500.

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