Conséquences du COVID-19 pour l’économie et les marchés financiers

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par Marc Brütsch, Chief Economist chez Swiss Life Asset Managers, et Michael Klose, CEO Third-Party Asset Management

La semaine dernière, la Chine a levé d’autres restric- tions, comme l’interdiction de voyager décrétée en janvier, mais l’entrée des étrangers est interdite pour éviter une nouvelle vague de contamination. Le nombre de cas augmente toujours en Europe, mais un peu moins vite. Si la République tchèque semble le mieux réussir à stabiliser la courbe des nouveaux cas, les systèmes de santé italien, espa- gnol et français restent en grande difficulté. Les nouvelles mesures de confinement annoncées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ont induit une nouvelle révision en baisse des estimations de PIB.

Scénario de base : récession puis reprise en U (probabilité : 50%)

  • Sur le modèle de la Chine, nous anticipons une chute de la production de l’ordre de 10-20% en Eu- rope et aux Etats-Unis au premier semestre 2020. La production devrait retrouver ses niveaux de fin 2019 au plus tôt fin 2020.
  • Des mesures budgétaires et monétaires contri- buent à prévenir un choc durable de la demande.
  • La semaine dernière, la Suisse a lancé un programme public de prêt aux PME de 20 milliards de francs, qui a déjà suscité 30 000 demandes.
  • Aux Etats-Unis, où le chômage partiel n’existe pas, pas moins de 3,3 millions d’individus se sont ins-crits au chômage lors de la semaine 12.

Autres scénarios possibles

  • Le scénario négatif (probabilité : 30%) prévoit une nouvelle crise financière. Une deuxième vague de contamination en Asie induit un risque supplé- mentaire. Les actions ne remontent pas et le PIB suit une évolution en L au second semestre 2020.
  • Le scénario optimiste (probabilité : 20%) suppose une baisse rapide du nombre de nouveaux cas, la généralisation du dépistage ou encore la décou- verte d’un traitement ou d’un vaccin.

Réaction des marchés financiers

  • Les marchés sont remontés la semaine dernière, les obligations souveraines et privées, ainsi que les ac- tions, accueillant favorablement des mesures cou- rageuses de politique budgétaire et monétaire.
  • Les marchés actions sont devenus intéressants pour les investisseurs de long terme. A court terme, toutefois, le marché restera volatil avec le retour de l’attention sur l’évolution du virus, surtout chez les poids lourds économiques que sont le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui nous réservent sans doute encore des mauvaises nouvelles.
  • Les obligations de premier ordre devraient pour- suivre leur redressement grâce au soutien des banques centrales mais, ici aussi, les investisseurs devront compter sur une forte volatilité.

Facteurs à surveiller d’ici au 6 avril

  • Sanitaire : baisse des nouveaux cas en Europe.
  • Budgétaires et monétaires : avancement du projet d’euro-obligation commune (« coronabond ») pour soulager les problèmes budgétaires de l’Italie.
  • Conjoncturels : nouveau bond des inscriptions au chômage aux Etats-Unis. En Chine, la consomma- tion de charbon devrait confirmer une reprise de l’activité mais l’indicateur clé sera le rebond éventuel de l’indice des directeurs d’achats.
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