Europe : la crise n’est pas finie

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C’est un tableau plutôt sombre que Coface a présenté lors de son colloque annuel : si la crise financière dans la zone euro est en passe d’être résolue, la crise économique se poursuit et cela se traduit par une fragilisation des entreprises. 

« La reprise des pays avancés reste entravée par l’étau des dettes publiques et privées. En outre, la confiance des ménages et des entreprises ne se rétablit pas, compte tenu de la dégradation des marchés du travail et du caractère incomplet des réformes institutionnelles en Europe. Le manque de lisibilité de la politique budgétaire aux Etats-Unis devrait également affecter la croissance américaine », explique l’assureur crédit dans ses perspectives.
 
Il table sur une récession de 0,1% dans la zone euro en 2013, « avec une contraction persistante de l’activité en Europe du Sud ». Pour les Etats-Unis, il prévoit une croissance ralentie de 1,5% et vise 5,2% pour les pays émergents.
 
Pour Coface, ce qui inquiète, c’est la situation des entreprises. « Malgré la récente diminution du risque de crise systémique en Europe et un réveil encourageant des exportations en Europe du Sud, la situation reste préoccupante pour les entreprises européennes. Le caractère en demi-teinte des avancées institutionnelles européennes, la rapide détérioration du marché du travail et le poids des dettes publiques et privées pèsent sur la confiance des acteurs de l’économie réelle qui se sont mis « en mode pause », en attente de clarification », souligne-t-il.
 
Il précise que les incidents de paiement enregistrés en France « ont continué à augmenter en 2012 à peu près au même rythme qu’en 2011. Le nombre de défaillances d’entreprises est relativement stable depuis 2010, oscillant autour de 60 000 par an, soit un niveau supérieur à celui d’avant crise. » Mais, indique-t-il, « le coût associé à ces faillites pour les fournisseurs augmente de façon continue depuis fin 2011 en raison de la taille croissante des entreprises défaillantes. »
 
La vision de Coface pour l’Espagne et l’Italie est encore plus sombre puisqu’il évoque une « nouvelle année noire » pour les entreprises de ces pays, avec une augmentation du nombre de défaillances et un assèchement du crédit bancaire.
 
Seule lueur : les pays émergents où l’amélioration se poursuit. Coface explique cette évolution « par une meilleure résistance aux chocs externes des pays émergents, grâce à des politiques économiques réactives mais prudentes. » 
 
« En outre, la croissance des économies émergentes bénéficie de l’expansion continue des classes moyennes. »
 
La question est de savoir si les pays émergents peuvent sortir le reste du monde de la crise économique.