Peut-on gagner de l’argent avec le CAC 40 ?

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La France voit les particuliers fuir en masse les marchés boursiers depuis le début de la crise économique et financière. Pourtant, l’investissement en actions peut se révéler rentable pour qui sait choisir soigneusement les entreprises cotées.

Selon une récente enquête de TNS Sofres pour Les Echos, il y a dans le pays 4,1 millions d’actionnaires individuels (hors actionnariat salarié), soit une baisse de 2,3 millions depuis le début de la crise. Et ils sont une infime minorité à juger possible d’investir de nouveau.
 
Les Français ont toujours été méfiants vis-à-vis de la bourse. L’évolution de ces dernières années peut les conforter dans ce sentiment. En septembre 2000, le CAC 40 était à plus de 6.800 points, il évolue aujourd’hui autour de 3.000 points. 
 
Les crises successives – éclatement de la bulle Internet en 2000, Lehman en 2008, Grèce en 2010 – expliquent en partie cette baisse de l’indice. Mais il y a aussi des éléments techniques, comme la surpondération des valeurs bancaires au sein du CAC 40, et des éléments politiques, avec des mesures gouvernementales qui ont contribué ces dernières années à affaiblir des entreprises dont l’Etat est actionnaire et/ou régulateur (France Télécom, EDF, GDFSuez, etc.)
 
Si on se réfère uniquement aux dernières années, force est de constater que le CAC 40 se comporte moins bien que nombre d’indices européens : par rapport à la fin 2007, il est en recul de 45% contre -23% pour le Dax allemande, -15% pour le FTSE britannique. Les pays du sud de l’Europe reculent davantage du fait de la crise des dettes souveraines.
 
Ce tableau incite plus que jamais à privilégier le « stock picking » afin de choisir des valeurs sur leurs atouts fondamentaux. Pour Marc Riez, directeur général de la banque privée 1818 Gestion, « On a oublié les entreprises ». Or, les grands groupes français dépendent peu de la conjoncture européenne du fait de leur exposition internationale et nombre d’entre eux ont des positions concurrentielles exceptionnelles qui favorisent leur croissance.
 
Si le CAC 40 est en recul de 45% depuis la fin 2007, Air Liquide est en progression de 10%, Essilor de 64%, Legrand de 6%, Technip de 42% et Safran de 97% pour ne citer que quelques exemples. 
 
Ces entreprises ont pu surmonter les différentes crises sans difficulté parce qu’elles sont sur des secteurs porteurs, qu’elles ont des avantages compétitifs et aussi parce qu’elles ne dépendent pas d’un Etat français qui a tendance à imposer des mesures qui contribuent à affaiblir ses champions nationaux face à la concurrence internationale.
 
Au lieu d’aller à l’autre bout du monde pour chercher des valeurs de croissance, les investisseurs, notamment les particuliers, devraient regarder les entreprises françaises et européennes. Nombre d’entre elles n’ont pas fini d’engranger des succès opérationnels et boursiers.