Phase I

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par Alexandre Hezez, Actuaire, Stratégiste & Allocataire chez Groupe Richelieu

En 2019, les marchés financiers ont évolué au rythme des avancées et reculs de la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine. La première saison de cette série digne de Netflix se termine bien. Les développements majeurs de cette fin d’année sont les résultats de l’élection générale britannique et l’accord dit de phase 1 entre les États-Unis et la Chine. Rappelons que ces deux événements ont cristallisé le risque tout au long de l’année 2019.

Le premier a provoqué des flux sortants importants de la part des investisseurs sur les marchés actions en Europe et les péripéties du deuxième ont mis à mal la confiance des entreprises. L’incertitude générée par les tensions commerciales a entraîné depuis 2018 la suspension de nombreuses décisions d’investissements de la part des entreprises. Si l’accord est perçu comme un chemin ouvert en direction d’une détente, alors les entreprises recommenceront à investir dans des projets qu’elles avaient suspendus. Il est certain que d’autres épisodes auront lieu.

Boris Johnson doit négocier les conditions d’un nouvel accord commercial avec l’Union Européenne (les élections étaient d’une certaine manière aussi une phase 1) et des tensions existeront encore entre les États-Unis et la Chine dans la continuité des phases 2 et 3 ! Qu’à cela ne tienne, pour l’instant, le Premier Ministre britannique enregistre une large victoire électorale avec la priorité absolue de quitter l’Union Européenne avant le 31 janvier 2020, et les américains et chinois se sont montrés capable d’éviter une escalade qui aurait nui à chacun. Cependant, le mal est en partie fait, et nous assisterons en 2020 à une période de convalescence des entreprises. Si les perspectives de croissance économique restent moroses, nous pensons qu’une amélioration s’esquissera tout au long de l’année.

Outre ce qui a été évoqué précédemment, les indicateurs du secteur manufacturier se stabilisent dans l’ensemble des zones géographiques (en zone euro et en Chine principalement). En dehors de la politique, certaines variables économiques nous semblent sous estimées par les analystes, notamment, les mesures de relance budgétaire européenne, les prix des denrées alimentaires en Chine, les impacts croissants des banques centrales et les salaires aux États-Unis. Il y a un an à peine, les oracles prévoyaient la fin du cycle de croissance, est-il de bon aloi de le prédire aujourd’hui ? Les avis divergent. En comparant les données historiques, ce cycle de croissance reste modeste, non inflationniste et avec un taux d’investissement faible. Ainsi, il peut encore perdurer au même rythme. Des conditions sont évidemment nécessaires à cette hypothèse et l’équation est à plusieurs inconnues.

Les principaux risques pour 2020 sont en partie les mêmes que pour 2019 : un tweet, une escalade dans la guerre commerciale, un événement géopolitique, tout est possible… Il faudra notamment aussi éviter des tensions commerciales trop marquées entre Washington et Bruxelles car, dans une situation économique fragilisée, ces éléments auront une portée plus intense. Cette hypothèse repose aussi sur le fait que l’inflation reste contenue et n’impose pas l’arrêt des politiques monétaires accommodantes. En effet, les banques centrales devront rester présentes pour soutenir la croissance et l’investissement. Les chiffres d’inflation seront donc scrutés et analysés avec attention car c’est le risque numéro 1 de 2020.

Cela étant, à l’heure où nous écrivons, les derniers développements sont positifs.

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