par Vincent Mortier, Directeur des gestions d’Amundi
Les marchés ont été très volatils après que le président D. Trump a menacé d’imposer des droits de douane à plusieurs membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) – à moins que les États-Unis soient autorisés à acheter le Groenland. Les actions ont fortement chuté en début de semaine, le Stoxx Europe 600 et le S&P 500 enregistrant tous deux des baisses significatives, et la volatilité a atteint des sommets. Le sentiment des investisseurs s’est amélioré après que D. Trump a exclu toute action militaire et a abandonné sa menace de droits de douane, ce qui a entraîné un rebond. Les rendements des obligations d’État japonaises ont augmenté, les doutes sur les trajectoires budgétaires restant un risque majeur à surveiller. L’or – qui a atteint de nouveaux records – reste le principal bénéficiaire de l’incertitude géopolitique et des inquiétudes liées à la dette.
Les tensions se sont apaisées pour l’instant, mais cette ère de ruptures et de désordre maîtrisé sur le front géopolitique est amené à durer. Si la menace de droits de douane refait surface ou si l’accord sur le Groenland échoue, l’Union européenne (UE) est susceptible de rétablir des droits de douane plus élevés et de poursuivre des représailles ciblées. Les développements juridiques, tels que les décisions en suspens de la Cour suprême des États-Unis et l’utilisation éventuelle de l’instrument anti-coercition de l’UE, constituent également des freins à une nouvelle escalade. D. Trump tentera probablement d’obtenir le maximum de concessions, mais pour l’instant, la menace immédiate de droits de douane est écartée.
Dans ce contexte d’incertitude géopolitique mais de fondamentaux économiques favorables, une approche diversifiée à l’échelle mondiale est essentielle. Nous cherchons de nouvelles opportunités au sein des actions mondiales, notamment dans les petites et moyennes capitalisations en Europe et au Japon qui peuvent bénéficier de la demande intérieure, et les actions des marchés émergents comme le Brésil et l’Inde. Nous maintenons une approche équilibrée dans les titres obligataires, avec une préférence pour la duration dans l’UE et au Royaume-Uni ainsi que les BTP italiens, et nous privilégions les obligations d’entreprises des marchés développés (en particulier les titres financiers investment grade de l’UE) et les obligations à haut rendement des marchés émergents. L’or reste un actif qui permet de stabiliser les portefeuilles en période d’incertitude.
