Un premier bilan de l’année 2011

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par François-Marie Wojcik, Président de Métropole Gestion

Investir en bourse est toujours un exercice difficile. L’année 2011 ne fera pas exception. En début d’année, il aurait été farfelu d’envisager un scénario semblable aux événements récents alors que la reprise économique semblait bien enclenchée. La crise survenue au cours de l’été revêt, en effet, un caractère inédit de par son origine politique et son ampleur. Elle est exceptionnelle car il s’agit d’une crise de confiance à l’égard de l’actif « sans risque » : l’emprunt d’état. Les conséquences des dissensions européennes n’auront épargné aucun compartiment de la sphère financière : actions ou obligations, marchés développés ou émergents, la plupart des classes d’actifs affichent des performances négatives cette année.

Les vagues de panique qui se sont répandues sur les marchés sont difficilement maîtrisables, en particulier lorsque le facteur politique se révèle être, pour une fois, le principal déterminant des marchés. Nos fonds n’auront pas été épargnés dans la tourmente de l’été.

Sur les marchés d’actions européennes, les performances boursières intègrent d’après nos calculs un scénario de retour en récession. Elles contrastent avec la bonne santé affichée par les entreprises. Ces dernières ont publié, lors des résultats pour le troisième trimestre, des bilans solides, des marges très élevées et une progression de leur chiffre d’affaires souvent à deux chiffres. Les dirigeants sont néanmoins prudents et se préparent au pire. Cette fois-ci, ils ne seront pas pris au dépourvu, comme en 2008 lors de la faillite de Lehman Brothers. Nos portefeuilles ont, quant à eux, été sensiblement modifiés pour s’adapter à un environnement économique durablement déprimé. Nous avons donc vendu les titres qui présentaient les bilans les plus fragiles dans ce contexte et les valeurs dont l’activité démarre tardivement au cours du cycle économique. Nous avons concentré nos investissements au profit de valeurs industrielles de qualité et excessivement décotées. Ces entreprises présentent des points communs essentiels à nos yeux : une valorisation qui intègre un scénario du « pire », un bilan irréprochable, une activité d’envergure internationale et une position concurrentielle dominante.

Sur le compartiment obligataire, la volatilité des titres souverains européens a atteint des sommets. Les marchés n’ont cessé d’envisager le pire : une faillite de la Grèce, une contagion à l’Espagne, au Portugal puis à l’Italie et enfin une implosion de la zone euro. Nos portefeuilles concernés (METROPOLE Convertibles et METROPOLE Corporate Bonds) ont quant à eux privilégié les dettes d’entreprises de bonne signature. Toujours en prenant en compte des hypothèses extrêmes afin de minimiser les risques, nous avons sélectionné les obligations d’entreprises capables de rembourser leurs dettes indépendamment des conditions de marché et de l’environnement économique. Ces titres offrent une rémunération sensiblement supérieure aux obligations d’Etat avec un profil de risque plus modéré.

Au total, les conséquences de la crise politique commencent à se diffuser dans l’économie réelle. La reprise économique entamée en 2010 apparaît dès lors comme un faux départ. Et une entrée des économies européennes en récession ne peut pas être exclue en 2012. Nos portefeuilles y sont préparés. Les valeurs détenues sont suffisamment solides pour traverser une crise dure et longue. Elles offrent également une décote et un profil qui permettront à nos portefeuilles de rebondir significativement lorsque les incertitudes politiques seront levées, c'est-à-dire lorsque les marchés se focaliseront à nouveau sur la valeur des actifs.

 

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