par Edouard Faure, Responsable Crédit de Swiss Life Asset Managers France
Dans un contexte toujours marqué par les tensions géopolitiques, les marchés vont suivre avec attention l’actualité des grandes banques centrales au cours des prochains jours.
Lors de la réunion du Conseil des gouverneurs prévue jeudi 30 avril, la Banque centrale européenne (BCE) devrait choisir de maintenir ses taux directeurs à des niveaux inchangés (taux de dépôt de 2%). Au cours des prochains mois, les cours du pétrole devraient, selon notre scénario privilégié, se maintenir sous la barre des 100 dollars le baril, sauf en cas de nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient. Ainsi, le consensus de marché anticipe désormais deux hausses de taux contre trois précédemment. Néanmoins, les dernières statistiques d’inflation en zone euro incitent à la vigilance et pourraient conforter un discours « hawkish » de Christine Lagarde afin de préparer le marché à une hausse de taux lors de la prochaine réunion (ou de la suivante). Bien entendu, les chiffres de l’inflation des prochains mois détermineront le rythme du resserrement monétaire et la présidente de la BCE ne devrait pas manquer de rappeler l’importance de son approche « data dependant ».
Outre-Atlantique, Jerome Powell s’apprête à passer le témoin à Kevin Warsh à la tête de la Fed. Cette dernière réunion du FOMC du 29 avril donnera donc au président Powell, peu apprécié par Donald Trump, l’occasion d’apparaître une dernière fois devant les journalistes et d’annoncer un statu quo en matière de politique monétaire. L’impact inflationniste lié à la hausse des prix de l’énergie s’avère moins fort aux Etats-Unis, pays exportateur net d’énergie, qu’en Europe. Jerome Powell devrait ainsi réaffirmer la solidité de la croissance américaine et le caractère transitoire de l’inflation qui ne justifie pas d’action sur les taux dans le contexte actuel. Sauf surprise, la tonalité de ce dernier discours restera neutre.
Sur les marchés du crédit, le resserrement des spreads sur le compartiment Investment Grade (IG) a permis de retrouver les niveaux observés avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. En revanche, les spreads constatés sur le compartiment High Yield (HY) restent à des niveaux supérieurs à ceux du 28 février. Pour les investisseurs, la partie courte de la courbe des taux devrait continuer d’offrir des opportunités sur le marché IG alors que les stratégies de portage seront à privilégier sur la partie High Yield afin de profiter des niveaux élevés des rendements proposés.
