Marché du travail américain : une mauvaise surprise au mauvais moment

par Bastien Drut, Responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM

L’enquête auprès des entreprises est très mauvaise, avec 92 000 destructions d’emplois non-agricoles en février. Les chiffres de décembre et janvier sont révisés à la baisse respectivement de 65 000 et 4 000. C’est donc 161 000 emplois de moins reportés par ce rapport.

  • Il s’agit du 2ème mois plus chiffre de créations d’emplois de la période post-covid
  • Contrairement aux mois précédents, le secteur des services à la santé et à l’éducation détruit des emplois (34 000). Même si cela n’est peut-être qu’une compensation du chiffre très fort de janvier, on voit ce qu’il se passe quand les créations d’emplois ne dépendent globalement que d’un secteur. 
  • Le secteur privé hors santé détruit beaucoup d’emplois en février : 52 000. 
  • La moyenne des créations d’emplois sur 6 mois reste sur à peu près 0.
  • L’indice de diffusion des créations d’emplois reste faible, ce qui indique que peu de secteurs créent des emplois. 
  • Le nombre d’heures travaillées dans le secteur privé stagne en février et ne progresse que très légèrement sur 12 mois. 
  • Le secteur de l’intérim se remet à détruire des emplois en février. 
  • Pris en non-désaisonnalisé, les créations d’emplois non-agricoles sont les plus mauvaises pour un mois de février depuis 2010. 
  • Le salaire horaire moyen progresse de 0,4% sur le mois et reste à peu près sur les mêmes niveaux en glissement annuel (3,8%)
  • L’enquête auprès des ménages est également mauvaise. 
    • Ce rapport était celui prenant en compte les révisions annuelles de population alors que cela a généralement lieu en janvier. Si le rapport n’a mené qu’à une baisse de 231 000 de la population de plus de 16 ans, il a mené à des révisions importantes en termes de composition : le nombre de personnes en emploi a été revu à la baisse de 1,4 million alors que la population ne faisant pas partie de la population active a été revue à la hausse de 1,2 million.
    • Le nombre de chômeurs augmente de 203 000 sur le mois et le taux de chômage revient à 4,4% (et même 4,44% pour être précis), ce qui correspond à la prévision des membres du FOMC pour la fin de l’année 2026.

Alors que le rapport sur l’emploi de janvier avait été meilleur que prévu, celui de février est nettement moins bon que prévu. En réalité, la tendance est claire : l’économie américaine ne crée plus d’emplois depuis près d’un an. Ce rapport montre la trop forte dépendance au secteur des services à la santé pour les créations d’emplois. L’état du marché du travail est tel que les membres du FOMC vont rester vigilants sur le sujet.