par Alexandre Baradez, Responsable de l’analyse marché chez IG France
On surveille beaucoup les conséquences, pour les ménages et les entreprises, de la hausse des prix de l’énergie liée à la situation au Moyen-Orient, mais il y a aussi des conséquences sur les coûts d’emprunt des états.
Les Etats-Unis ont procédé hier à une adjudication des obligations du Trésor à 10 ans. Le montant adjugé était de 42 milliards$ mais la demande a été relativement moyenne avec un « bid to cover » (ratio de couverture des enchères) de 2,40, inférieur à la moyenne observée ces derniers mois.
Il y a eu des adjudications en décembre et janvier, toujours sur des obligations à 10 ans, avec un ratio de couverture de 2.55 et même à 2.65 en septembre dernier.
Et le « high yield » est ressorti à 4.468%, son niveau le plus élevé en 15 mois. Pour rappel, le « high yield » lors d’une adjudication obligataire du Trésor, c’est le rendement réel que les investisseurs exigent aujourd’hui pour acheter cette obligation. Il est déterminé par l’adjudication : les investisseurs proposent un prix et plus le prix qu’ils acceptent de payer est bas, plus le rendement est élevé. Donc hier, le Trésor américain a accepté des offres jusqu’à un rendement de 4,468 %.
C’est exactement ce qu’on observe en ce moment : pression à la hausse sur les taux longs américains en raison de la hausse des cours du pétrole et plus globalement de l’énergie, avec un rebond marqué de l’inflation qui empêche le Fed de reprendre ses baisses de taux.
Donc cet emprunt coûte plus cher aux États-Unis que les émissions récentes à rendements plus faibles : plus les rendements sont élevés au moment des adjudications, plus le service de la dette (les intérêts payés chaque année) augmente sur les nouvelles émissions et réouvertures. Les investisseurs exigent une rémunération plus importante pour prêter à l’État américain.
